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Histoire du port
La Chambre de Commerce de Calais est en charge des destinées du Port de Calais depuis sa création en 1828 et juridiquement concessionnaire des installations portuaires depuis 1925.
Introduction :
Le port de Calais était à l’origine une sorte de baie formée par la nature, à l’embouchure de la rivière de Hames et de celle de Guînes. Il fut amélioré au X siècle par ordre de Baudouin IV, comte de Flandre. A cette époque ; toute la défense de la ville et de la baie consistait en deux grosses tours dont l’une était située sur les sables, au nord de Calais, et l’autre à l’angle nord-ouest.

On présume que la première remontait à l’empereur Caligula et que l’autre était une de celles bâties par Charlemagne pour protéger les côtes de la Morinie contre les dévastations des Normands ; elles ont donné naissance au Risban et au château.
Calais, porte de France :
En 1190, Henri de Lorraine donna l’autorisation d’établir un port qui constitua le vieux Paradis. Le petit Paradis fut creusé sous la domination anglaise, en 1397, afin de donner satisfaction aux besoins du commerce qui avait pris, une importance considérable. Le petit bassin, ou Paradis, situé en face du Courgain, et qui sert à abriter les bateaux de pêche, est le seul reste de l’ancien port du Moyen-Age ; sous la domination anglaise, on l’appelait le « Fisher’s Gap ».

En 1405, on construisit les premières jetées qui sont orientées vers le nord -nord-ouest. Celle-ci furent prolongées en 1700 et 1822 sur une longueur de 550 toises.

Dans la suite des siècles, et à différentes reprises, on éleva des forts pour défendre le port contre les attaques de l’ennemi. Le plus ancien en même temps le plus important, qui a résisté aux siècles, est le Fort Risban. A la grosse tour attribuée à Caligula, Philippe Hurepel, comte de Boulogne, fit ajouter d’autres ouvrages. En 1604, le Risban fut entouré d’une nouvelle enceinte, flanquée de deux bastions qui défendent une digue en pierre aboutissant à la digue de Sangatte

Les autres forts défendant la rade ou le port étaient les forts Lapins, de l’Estram, des Crabes, le Fort Rouge et le Fort Vert. Les trois premiers furent construits en 1690. Le Fort Lapin est situé sur la dune ouest et revêtu de maçonnerie. Le fort de l’Estram se trouvait entre le Fort Rouge et le Fort Lapin : il était en bois, sur pilotis, et baigné par la mer ; il fut incendié en 1739 par l’imprudence de la garde. Le fort des Crabes, revêtu de pierres taillées était à peu près à mi-chemin entre la Citadelle et le Fort Nieulay, sur une digue qui communiquait de l’un à l’autre de l’ouvrage fortifié. Le fort rouge fut construit après le bombardement de Calais par les Anglais en 1695. Il était en bois, sur pilotis, au nord de Risban et presque attenant à la jetée ouest. L’année suivante, en 1696, un second bombardement des Anglais du côté est donna l’idée de construire le fort Vert. Il était comme le fort Rouge en bois, sur pilotis, baigné par la mer, mais à une certaine distance de la jetée est. Il fut démoli en 1777.

Le port de Calais vers 1825
(Tableau de Bonington gravé par G.Reeve)

Dans les années 1830, la Chambre s’intéresse au projet de Monsieur l’Ingénieur en chef, Raffeneau de Lisle, présenté par Monsieur Nehou, Ingénieur des Ponts et Chaussées, concernant les travaux à exécuter au Port de Calais, pour joindre le canal de Saint-Omer à la mer et établir un bassin à flot et une écluse de chasse dans le port. Ce projet comprenait la fermeture de la crique par une écluse de flot située à hauteur de la Citadelle et une écluse de chasse à hauteur du Fort Risban. On formait ainsi un bassin à flot et un bassin de chasses, séparés par une digue. La navigation intérieure était mise en communication directe avec le port par l’écluse de la Citadelle et les jetées étaient prolongées jusqu’à la laisse de basse-mer qui avait reculé de 250 mètres.

A cette époque, le port était simplement constitué par un chenal de faible profondeur entre deux jetées aboutissant à un bassin naturel compris entre le Risban et la digue au Nord et le Courgain et les remparts de la ville au sud.

Le bassin à flot commencé en 1838 fut livré au commerce en décembre 1842. A l’occasion de cet événement, une médaille commémorative a été frappée par le Ministère des Travaux Publics. Ce bassin, construit en vertu des lois des 15 novembre 1834 et 19 juillet 1837, avait une superficie totale de 2 hectares. Sa longueur était de 255 mètres et sa largeur de 75 mètres.
Ses quais avaient un développement de 550 mètres. Une écluse simple de 17 mètres de largeur le faisait communiquer avec l’avant-port d’échouage. Le 25 décembre 1843, en présence des Autorités Civiles et Militaires, a eu lieu l’inauguration de l’écluse de chasse. Une ordonnance du 11 novembre 1844 autorise la Ville de Calais à donner le nom de « Raffeneau de Lisle » à l’écluse de chasse.

Le quai nord, construit de 1837 à 1843, était particulièrement destiné au commerce des bois du nord ; les jetées furent également prolongées.

Pour compléter cet ensemble, la Chambre étudia, dès 1839, la construction d’un nouveau phare dont les travaux commencèrent en novembre 1845 dans les fortifications. Ce phare fut allumé le 15 octobre 1848.

Dans les années 1850, le port, priorité pour la Chambre de Commerce était encore bien modeste. Son entrée était signalée aux navigateurs au moyen d’un système de ballons et de pavillons qu’on hissait sur un appareil composé d’un mât et d’une vergue établis au Fort Rouge, à l’ouest des jetées. Les bateaux entrant au port de Calais pouvaient s’arrêter soit au quai de marée, soit dans la partie est de l’avant-port connue sous le nom de quai de la Colonne, soit, enfin, au quai Nord ; le quai sud était réservé aux paquebots et le bassin du Paradis aux pêcheurs.

La gare maritime provisoire en 1850

Dans le cadre de ses préoccupations portuaires, la Chambre fit exécuter de 1856 à 1858 des travaux pour consolider et allonger le gril de carénage de façon à y poser en toute sécurité des navires de fort tonnage. Elle fit également construire en 1952 une baraque sur le quai de marée qui devait servir de postes aux pilotes. En 1860, il fut décidé de créer un poste pour les officiers et maîtres du Port. La Chambre a participé pour partie à la construction de cet édicule et l’adjudication eut lieu le 6 juillet 1860.

En 1862, elle met à l’étude un projet de création de bassin à flot dans l’Est du port. En vue de hâter l’exécution des travaux de prolongement du bassin à flot de l’ouest approuvés en 1865, la Chambre avait, dans sa séance du 29 février 1868, pris une délibération par laquelle elle offrait à l’Etat la somme de 1 650 000 Frs, jugés nécessaire pour la réalisation de ce projet. Mais, par suite d’avaries constatées à l’écluse du Bassin et à la suite d’un examen approfondi de la question, la Chambre de Commerce abandonnait ce premier projet et sollicita la construction immédiate d’une nouvelle écluse placée à l’extrémité Est du quai des Paquebots.

Sous le Second Empire, la Chambre assurait la gestion de plusieurs services du Port : l’entrepôt, les grues, le cordage, le gril de carénage puis le lamanage. En 1869, le gouvernement demanda un rapport sur « l’état et les besoins du commerce et de l’industrie dans la circonscription ». Ce rapport mit en évidence la place du port de Calais. Déjà, le transmanche était la principale activité.

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