C’est dès 1862 que la Chambre de Commerce de Calais a commencé à s’intéresser aux grands travaux du port, c’est-à-dire à la construction d’un bassin à flot et d’un bassin des chasses à l’ouest de Calais. En 1874, les projets sont soumis à l’enquête d’utilité publique, après avoir traversé heureusement les épreuves des conférences au premier et au deuxième degré et la Chambre avait obtenu en principe la transformation de l’ancien port et le déclassement du front Est. Enfin, le 14 décembre 1875, sur la proposition du Ministre des Travaux Publics, une loi déclarait d’utilité publique l’ensemble des travaux qui consistait en :
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- Création d’un bassin de retenue
- Nouvel avant-port destiné au service des paquebots à voyageurs
- Vaste bassin à l’est communiquant à l’avant port par deux écluses
- Déplacement de la Gare de Calais qui, du Bassin du Petit Paradis, serait reportée entre les deux villes de Calais et Saint-Pierre
- Aménagement du canal de Calais.
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L’exécution des travaux avait commencé lorsque le déclassement des anciens fronts nord, est et sud et la construction de la nouvelle enceinte fut ordonnée par la loi du 21 avril 1879.Cette loi permit d’envisager l’élargissement des terre-pleins des quais, la construction d’une forme de radoub, la substitution d’un grand bassin de batellerie à la dérivation éclusée du canal. Ces améliorations et quelques autres comme par exemple l’élargissement du canal, la construction de nouveaux quais dans l’avant port, le doublement de l’écluse du bassin à flot, l’approfondissement du bassin des chasses, furent compris dans le tableau annexe à la loi du 28 juillet 1879.
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La première pierre du bassin à flot fut posée par le Ministre des Travaux Publics, Varoy, accompagné par le président du Sénat, Léon Say, venu, le 19 juillet 1880, visiter les travaux du port et le puits de sondage du tunnel sous-marin à Sangatte. En cette même année, l’organisation de l’outillage des quais du nouveau port est à l’étude. Finalement, c’est le 22 septembre 1883 que la Chambre de Commerce obtint la concession. Cet outillage comprenait :
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- Les abris à établir sur les terre-pleins pour protéger les marchandises
- Des grues hydrauliques
- Des hangars répartis sur les quais sud-ouest de l’avant-port
- Cet outillage était complété par un vaste réseau de voies ferrées.
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En 1889, la Chambre de commerce demande la mise à l’étude d’un projet consistant à établir un barrage éclusé dans l’avant-port de l’ouest du quai de marée. Le batardeau qui séparait le chenal de l’avant-port fut crevé à la fin de février 1889 et les eaux pénétrèrent pour la première fois dans les nouveaux bassins dans la nuit du 27 au 28 février 1889. Le nouveau port a été inauguré le 5 juin 1889, par Sadi Carnot, président de la République. A cette occasion, une médaille commémorative a été frappée. Afin de compléter la publicité, la Chambre fit éditer à 1500 exemplaires une plaquette spéciale sur « le Port de Calais inauguré par M. Carnot, président de la République Française, le 3 juin 1889 ». Le 4 Novembre 1889, on décida de donner le nom de Carnot au nouveau bassin à flot. En souvenir des membres éminents de la Chambre qui avaient œuvré pour le nouveau port, on attribua les noms de Paul Dévot au quai sud-ouest de l’avant-port, de Crespin et de Fournier aux quais ouest du Bassin Carnot. La Chambre sollicita l’autorisation de donner les mêmes noms aux hangars et suggéra de baptiser les ponts tournants des écluses du nouveau bassin du nom de Vétillard.
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Le nouveau port de Calais profita, surtout dans un premier temps, au trafic de passagers avec l’Angleterre. Grâce aux différents aménagements, le port de Calais pouvait accueillir des bateaux de plus en plus grands, plus rapides et plus confortables, capables d’assurer des services entièrement à heures fixes sur le Détroit. Une fois inauguré, le port de Calais avait encore besoin de quelques aménagements. La construction du quai de marée commença qu’en 1890. La nouvelle jetée fut, quant à elle, achevée en 1896.
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Par arrêté du 26 janvier 1895, M. le Préfet du Pas-de-Calais prescrit une enquête d’utilité publique sur l’avant-projet d’amélioration de la partie ouest du port. Elle comprenait les travaux suivants :
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- Reconstruction de l’écluse du bassin à flot
- Dragage d’un chenal dans le port d’échouage et le bassin à flot et reprise en sous-œuvre des perrés et des appontements du bassin
- Remplacement du perré de la Baleine par une estacade en charpente et par un musoir en maçonnerie
- Réfection du pont de la citadelle
- Reconstruction du long pont dans le prolongement de l’écluse existante avec une voie charretière.
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La chambre de commerce fait des réserves au sujet du projet présenté, notamment en ce qui concerne la longueur du long pont qu’elle trouve beaucoup trop étroit. Le rapport de la commission ayant, en outre, été défavorable, le dossier a été retourné aux ingénieurs pour une nouvelle étude. Le 7 avril 1898, la Chambre obtint gain de cause et autorisa la construction dans le port d’une nouvelle écluse de 17m de large. Les travaux furent terminés en 1906.
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La loi du 24 février 1906 déclara d’utilité publique les travaux composant la seconde tranche du projet d’amélioration de la partie ouest du port comprenant :
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- L’enlèvement du quai Fasquel et de l’écluse des chasses
- Construction en travers de ce bassin des chasses d’une large digue en maçonnerie faisant suite au pont du barrage éclusé et le reliant à l’avenue de la plage
- Construction de brise-lames et d’estacades à l’emplacement de l’ancienne écluse de chasses.
- D’autres améliorations complétèrent ces travaux : reconstruction de la jetée ouest, amélioration du chenal ;
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Dès 1912, la Chambre de Commerce s’intéresse au projet consistant à utiliser le bassin des chasses de l’Est pour en faire un grand bassin à flot avec quais et darses. Le 13 octobre 1916, elle délibéra sur le projet de transformation du bassin des chasses de l’Est en nouvel avant-port et bassin à flot avec écluse à sas de 25 mètres de larges.
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De 1916 à 1925, divers projets d’aménagement à l’Ets étaient présentés à l’agrément des Pouvoirs Publics. Entre autre ; la chambre préconisa en 1919 la création d’un port-canal s’étendant de Calais vers Dunkerque dans la plaine d’alluvions des Flandres.
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En 1924, une décision ministérielle stipula qu’à l’avenir tout projet d’extension du Port de Calais devrait être orienté vers l’Est.
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Les décisions du 19 juillet 1928, du 23 septembre 1929, du 22 mai 1930, du 26 juillet 1935, du 1er juillet 1946 prescrivaient des études d’aménagement du port à l’Est mais aucune de ces études n’aboutissait. Lassés par tous ces atermoiements, les usagers du port demandaient à la Chambre de commerce qui acceptait de suppléer l’Etat dans la reconstruction de certains ouvrages portuaires puis d’orienter sa politique d’aménagement du port vers l’Ouest.
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Malheureusement, la guerre 1939/1945 est venue ruiner l’activité portuaire et 1945 le port était presque entièrement détruit et tout était à refaire. Un travail considérable fut alors entrepris pour rendre le plus rapidement possible le port accessible aux navires à voyageurs et à marchandises.
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Quai Paul Devot en 1944
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Ecluse Vétillard à la Libération
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Bassin de batellerie et bassin Carnot à la libération
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Après la remise du port par les armées anglaises en 1946 aux autorités françaises, on s’attaqua tout de suite à la restauration du quai de la gare maritime pour rétablir les relations maritimes et ferroviaires avec l’Angleterre. Puis on entrepris la restauration des quais de l’avant-port et du Bassin Carnot qu’avaient été minés par les Allemandes. Enfin, on s’attaqua au bassin Ouest qu’avait en partie été comblé et dès 1950, le port avait presque retrouvé ses capacités d’avant guerre. Des grues et des portiques que les Allemands avaient démontés ont pu être récupérés en Allemagne, en Autriche et en Bulgarie et le port pu ainsi s’équiper rapidement de grues anglaises et américaines grâce au plan Marshall. Toutefois, la guerre avait apporté de profondes modifications dans la construction navale avec des navires de plus en plus grands et des navires spécialisés tels que les tankers, les minéraliers, les pétroliers, les vraquiers, les navires roll-on-roll-off, navires porte-container, etc…, ce qui exigea les ports à s’équiper de nouveaux moyens pour la réception et la manutention des marchandises. C’est ainsi que le quai Paul Devôt fut aménagé pour recevoir des navires de 15/20 000 tonnes et que des installations pour navires roll-on-roll-off furent édifiées au bassin Carnot.
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Il a fallu attendre les années 1970 pour que la Chambre parviennent à faire réactualiser le projet de port à l’Est. En effet, de nouveaux éléments étaient intervenus entre temps :
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- Les revenus du port transmanche permettaient d’envisager un tel investissement
- L’implantation de nouvelles entreprises, telles que Tioxide,Union Carbide, sur la zone des Dunes, avait été possible, grâce au caractère portuaire de Calais.
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Le projet des années 70 prévoyait l’accueil de navires d’environ 40 000 tonnes de port en lourd, ce qui correspond à un tirant d’eau de 12,5m.
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Lorsque Monsieur Henri Ravisse accéda à la présidence de la CCI en 1980, tous les dossiers étaient prêts mais les autorités de tutelles n’accordaient qu’une oreille distraite à la demande des Calaisiens. C’était l’époque où, par ailleurs, remontait à la surface un nouveau projet de tunnel sous la Manche. Pour le Président Ravisse, il était temps de monter au front afin de faire savoir l’importance du poids économique du port dans l’économie calaisienne et la nécessité de pérenniser l’activité portuaire au-delà de la mise en service d’un hypothétique lien fixe. Le message était difficile à porter car comment intéresser des interlocuteurs à un dossier aussi concret que l’avenir d’un port moyen français alors qu’il était tellement plus facile de faire rêver un mythe d’un lien fixe. Grâce à sa ténacité, le président Ravisse a su se faire entendre. Durant son mandat, la liste des réalisations est impressionnante :
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- Réalisation du nouveau terminal transmanche (1980)
- Déplacement de la jetée Est (1984)
- Extension du terminal transmanche (1987)
- Doublement des postes 3 et 4 (1979-1980)
- Port à l’Est
- Raccordement à la rocade Est
- Grues du port à l’Est
- Remorqueur Le Calaisien
- Poste VI ( 1987)
- Poste VII (1990)
- Poste VIII (1995)
- Reconstruction du poste V (1996)
- Poste ro-ro pour les voitures neuves (1992)
- Poste catamaran du port à l’Est (1991)
- Réaménagement du poste 2 pour les catamarans
- Réorganisation du terminal transmanche
- Réalisation des chaussées dénivelées sur le terminal
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