Le
port de Calais était à l'origine une sorte de
baie formée par la nature, à l'embouchure de la
rivière de Hames et de celle de Guînes. Il fut
amélioré au X siècle par ordre de Baudouin
IV, comte de Flandre. A cette époque ; toute la défense
de la ville et de la baie consistait en deux grosses tours dont
l'une était située sur les sables, au nord de
Calais, et l'autre à l'angle nord-ouest. On présume
que la première remontait à l'empereur Caligula
et que l'autre était une de celles bâties par Charlemagne
pour protéger les côtes de la Morinie contre les
dévastations des Normands ; elles ont donné naissance
au Risban et au château.
Calais,
Porte de France
En 1190,
Henri de Lorraine donna l'autorisation d'établir un
port qui constitua le vieux Paradis. Le petit Paradis fut
creusé sous la domination anglaise, en 1397, afin de
donner satisfaction aux besoins du commerce qui avait pris,
une importance considérable. Le petit bassin, ou Paradis,
situé en face du Courgain, et qui sert à abriter
les bateaux de pêche, est le seul reste de l'ancien
port du Moyen-Age ; sous la domination anglaise, on l'appelait
le " Fisher's Gap ".
En 1405,
on construisit les premières jetées qui sont
orientées vers le nord -nord-ouest. Celle-ci furent
prolongées en 1700 et 1822 sur une longueur de 550
toises.
Dans
la suite des siècles, et à différentes
reprises, on éleva des forts pour défendre le
port contre les attaques de l'ennemi. Le plus ancien en même
temps le plus important, qui a résisté aux siècles,
est le Fort Risban. A la grosse tour attribuée à
Caligula, Philippe Hurepel, comte de Boulogne, fit ajouter
d'autres ouvrages. En 1604, le Risban fut entouré d'une
nouvelle enceinte, flanquée de deux bastions qui défendent
une digue en pierre aboutissant à la digue de Sangatte
Les autres
forts défendant la rade ou le port étaient les
forts Lapins, de l'Estram, des Crabes, le Fort Rouge et le
Fort Vert. Les trois premiers furent construits en 1690. Le
Fort Lapin est situé sur la dune ouest et revêtu
de maçonnerie. Le fort de l'Estram se trouvait entre
le Fort Rouge et le Fort Lapin : il était en bois,
sur pilotis, et baigné par la mer ; il fut incendié
en 1739 par l'imprudence de la garde. Le fort des Crabes,
revêtu de pierres taillées était à
peu près à mi-chemin entre la Citadelle et le
Fort Nieulay, sur une digue qui communiquait de l'un à
l'autre de l'ouvrage fortifié. Le fort rouge fut construit
après le bombardement de Calais par les Anglais en
1695. Il était en bois, sur pilotis, au nord de Risban
et presque attenant à la jetée ouest. L'année
suivante, en 1696, un second bombardement des Anglais du côté
est donna l'idée de construire le fort Vert. Il était
comme le fort Rouge en bois, sur pilotis, baigné par
la mer, mais à une certaine distance de la jetée
est. Il fut démoli en 1777.
Pendant
toute la période d'occupation anglaise, de 1347 à
1558, le port de Calais prospéra au point de devenir
un point de passage incontournable pour le commerce de la
laine. Au cours des siècles suivants le rôle
du port de Calais perdit de son importance pour le commerce
mais en revanche il ne cessa d'affirmer sa position pour le
transport des voyageurs.
L'apparition
des navires à vapeur confirma définitivement
cette vocation. Au temps des bateaux à voile les
aléas climatiques pouvaient parfois rendre périlleuse
la traversée mais grâce aux "paket boat"
la régularité et la fréquence devinrent
des atouts vantés par les affiches que les voyageurs
découvraient dans les toutes nouvelles gares des
chemins de fer.
La reprise de l'activité
commerciale au 19ème siècle
Le port
de commerce quant à lui se développa de manière
spectaculaire en 1842 avec l'inauguration du bassin ouest
qui se nommait alors bassin d'Orléans en mémoire
du Duc d'Orléans. Ce bassin suffit au commerce de Calais
durant tout le second empire mais après la guerre de
1870, les transactions commerciales devenant de plus en plus
actives entre les nations, il fut nécessaire d'agrandir
le port. En 1889, dans le cadre d'un vaste plan de développement
des ports français voulu par le Ministre Freycinet,
un nouveau bassin aux normes des navires de l'époque
fut réalisé à l'Est de la ville. En 1889
le bassin Carnot fut inauguré et en quelques années
on vit fleurir autour de ses quais de nouvelles entreprises.
Ce bassin
est toujours en activité aujourd'hui.
Depuis
Septembre 1990 pourtant c'est le nouveau bassin en eau profonde
qui constitue l'outil le plus performant du port de Calais.
Ce bassin, baptisé Président Henri Ravisse,
permet d'accueillir des cargos capables de transporter jusqu'à
60.000 tonnes de minerai par exemple.
Un
grand port pour le 21ème siècle
C'est
grâce à bassin en eau profonde que les entreprises
installées sur les zones industrielles près
du port s'approvisionnent désormais en matières
premières ou exportent leur fabrication comme par exemple
les câbles de fibres optiques de l'usine Alcatel
Submarine Network.
Le port
de Calais, au-delà de son rôle très important
de port de commerce au service de l'industrie locale, est
également un très grand port transmanche.
En 2000
plus de 15 millions de passagers (cela correspond au trafic
d'un grand aéroport international ) auront utilisé
ses installations portuaires. Cette même année
on aura également dénombré plus de 2,6
millions de véhicules de tourisme et plus de 1,3 million
d'ensembles routiers.
Ces chiffres
impressionnants placent donc tout naturellement les ports
de Douvres et de Calais en tête du palmarès mondial
des ports de voyageurs.
Calais
est également 4ème port français pour
le tonnage de marchandises transportées derrière
Marseille, le Havre et Dunkerque et, au même rang que
le port de Nantes, pour l'année 2000.
Au plan
économique le port représente en activités
directes et induites plus du tiers de l'activité
économique de l'agglomération calaisienne.